samedi 17 juin 2017

Vie de libraire : lire dans le train


(Une chronique de Claude André, parue sur le site de Citrouille en 2007)

Je suis en vacances ce soir...  Je me rappelle que je dois écrire pour Citrouille un petit papier sur jan Amos Kominsky, dit Comenius, que je considère (c’est à vérifier) comme le premier auteur qui ait pensé à s’adresser aux enfants dans leur langue maternelle puisqu’il publia en 1658 le désormais célèbre Orbis sensualium pictus qui est à la fois un livre de leçon de choses et un imagier, un livre abondamment illustré pour l’époque et dont les légendes sont bilingues : allemand/latin. Le prochain numéro de Citrouille étant consacré à la traduction ce rappel du travail de Comenius m’a paru s’imposer...

Pour l'instant, j’ai juste collecté quelques informations indispensables sur la permanence de l’enseignement en latin à la Renaissance et jusqu’au XVII ème. Il reste tout à écrire, j’ai une vague idée de ce que je veux dire : traduire ce n’est pas seulement traduire d’une langue à l’autre, d’une langue nationale à une autre, c’est aussi traduire d’une langue savante à une langue populaire et c’est aussi traduire d’un langage (l’écriture) à un autre (l’image). Bref, on passe notre temps à traduire, expliquer c’est traduire aussi. C’est ce qu’on fait avec les enfants quand ils nous sollicitent à propos d’un mot ou d’une tournure qui leur échappent. Bon il y a du pain sur la planche...

Comme chaque année je vais donc emmener mes devoirs de vacances, et je sais que comme chaque année je vais poser à l'arrivée toute ma documentation dans la chambre d’amis où je vais m’installer. Je n’y toucherai pas et je rentrerai rongée de culpabilité le 5 septembre pour plonger en apnée dans les cartons, les erreurs de livraison et il faudra que le 7 je vienne à bout de Comenius afin de ne pas appeler le 8 pour espérer avoir 48 h de délai. Je voudrais aussi parler de livres tout juste lus, Le Monstrueux de Pierre Péju, Les Très petits d’Elisabeth Ivanovski, la réédition des Larry J. Bash de V. Volkoff …  Mais bon, j’ai déjà fait les deux critiques réglementaires pour Citrouille et du coup ça me rend paresseuse pour d'autres et puis je pars en vacances en train et je n’ai pas envie de porter tous ces livres que j’emmènerais avec moi si j’avais un porteur.

Chaque été les livres que j’emporte en vacances pèsent plus lourd que mes chaussures et ma trousse de toilette réunies ; pourtant je ne lis pas tant que cela, sauf dans le train. Et lire dans le train, c’est quelque chose dont je ne me lasse jamais et dont je me réjouis à l’avance. Le train démarre, je suis dans ma bulle de lecture et quand j’arrive je ne sais plus si c’est le livre ou le train qui m’a emportée le plus loin !

Claude André